Loubna Abidar: «Je n’ai pas peur de montrer mes fesses»

700

loubna abidar

Loubna Abidar s’est confiée au quotidien arabophone Al Akhbar à propos de son rôle dans le dernier film de Nabil Ayouch «Much loved» («Zine li fik»). Lors du tournage, l’artiste avoue ne pas avoir eu peur de se mettre en tenue d’Eve, ni redouté la suite la réaction du public.

Dans une interview accordée au quotidien arabophone Al Akhbar de ce mardi 12 mai, l’actrice marocaine Loubna Abidar affirme avoir tourné des scènes torrides dans «Zine li fik», le dernier film du réalisateur Nabil Ayouch. Le long-métrage comporterait, selon l’artiste, plusieurs scènes érotiques, dévoilant son postérieur, ses seins et «autres choses». L’actrice déclare n’avoir éprouvé aucune gêne à tourner le film puisque les scènes de nu ne sont pas gratuites et qu’elles existent simplement pour transposer un vécu.

ailleurs, Loubna Abidar confie avoir vécu une séquence particulièrement difficile où elle s’offre dans son plus simple appareil lors d’une confrontation avec le policier, incarné  l’acteur Amine Naji (également nu) pendant une scène de viol. Elle précise au journal arabophone:«Je n’avais pas peur de montrer mes fesses lorsque je tournais en compagnie de l’acteur Amine Naji. Car la scène, aussi choquant que cela puisse paraître, est pleine de sens. Je n’ai pas peur de la réaction du public car cette scène reflète une réalité au Maroc, avec tout ce qu’elle comporte d’horreur, sans fard ni artifice.» Selon l’actrice, la séquence illustre tout le paradoxe que vivent les prostituées dans leur rapport avec les clients, où se mêlent à la fois le désir et le mépris de leur corps.

Abidar, qui incarne le rôle de Nouha, une prostituée, a eu pour partenaire, tout au long du film, l’acteur marocain Amine Naji dont elle décrit la performance comme «professionnelle». Cela a permis d’établir «une parfaite osmose» entre les deux acteurs, malgré la difficulté de certaines scènes tournées «dans le froid et à des heures tardives». Concernant les autres actrices campant le même rôle qu’elle, Abidar précise: «Ce sont de véritables prostituées qui incarnent leur propre rôle dans le film. Elles y jouent ce qu’elles font tous les jours au quotidien, sans plus».
L’actrice marocaine a dû arrêter le tournage de son film pour accompagner Nabil Ayouch au Festival de Cannes. Son œuvre, qui se compose de trois courts-métrages, traite d’un sujet tout aussi sensible: l’homosexualité. Faute de moyens, l’actrice avoue n’avoir pas pu réaliser un long-métrage comme elle le souhaitait et se limiter à ces courts qui évoquent un aspect particulier de l’homosexualité.

Pour rappel, «Zine li fik» connaît la participation de Amine Naji, Loubna Abidar, Abdellah Didane, Asmae Lazreq , Nouamane Hilali et Abdesslam Srrira. D’une durée d’une heure quarante cinq minutes, le film sera projeté au Maroc cette année, selon Al Akhbar.ailleurs, Loubna Abidar exprime son soulagement lorsqu’elle précise que les films reçoivent un meilleur accueil lorsqu’ils sont d’abord présentés à l’étranger avant d’être projetés au Maroc. Pour rappel, le film «Much loved » sera prochainement projeté à l’étranger dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, section parallèle au Festival de Cannes.