Oum, “On évolue quand on rencontre les autres”


Invitée par Renault Maroc et en partenariat avec Universal Musia MENA, la chanteuse Oum a donné un magnifique concert privé, « Soul Of Morocco », à la succursale Renault sur le boulevard My Ismail. Star qui fait beaucoup parler d’elle grâce à son talent atypique, La Nouvelle Tribune est allée à sa rencontre. Interview.

 

La Nouvelle Tribune : Quel est le duo qui vous a le plus marqué ?

Oum : Il y en a beaucoup, mais ma rencontre avecOum song m’a beaucoup marquée, pour sa symbolique déjà, et pour toute la carrière de ce monsieur. Quand je l’ai rencontré, il avait 79 ans et il sortait je ne sais pas quel album, et cette rencontre m’a d’autant plus touchée car c’était juste une histoire de faire un live ensemble, mais nous avons fini par faire une chanson pour son album. De plus, il lui a donné le nom de «Oum song». Qu’il me laisse écrire le texte et la mélodie de la chanson et qu’il lui donne carrément mon nom m’a beaucoup touché. Rencontrer un tel monsieur, qui est aussi un parrain pour tous les musiciens et chanteurs africains, était un honneur. Une autre rencontre qui m’a marquée était avec Liz McComb, qui est une chanteuse de gospel américaine, installée en France, et qui était déjà venue au Maroc pour jouer au festival de Casa. Je l’ai rencontrée ici, j’ai joué avec elle, et c’était très intense car j’ai toujours été très proche de la philosophie du gospel, de chanter l’amour de Dieu, quelque chose qui m’a beaucoup manqué dans notre culture. Ce n’est pas que nous n’aimons pas Dieu, mais nous n’avons pas tendance à le chanter. Je pense que dans l’absolu, toutes les rencontres nous enrichissent et nous apportent quelque chose. J’ai aussi été marqué par Blitz the Embassador, un rappeur du Ghana installé à New York. Il fait partie de cette diaspora africaine, il est très engagé pour les valeurs et le futur de l’Afrique et, comme moi, a une foi très forte en l’avenir de ce continent. Les rencontres sont très importantes dans la carrière d’un artiste, car on n’apprend pas seul, mais on évolue quand on rencontre les autres et c’est d’eux qu’on apprend.

 

Sur quoi vous basez-vous pour le choix des artistes avec qui vous collaborez ?

Je ne choisis pas les artistes, je ne sais pas si les artistes le font mais il y a beaucoup de destin et de circonstances dans mes duos. Parfois nous ne rencontrons pas l’artiste, car il nous a choisi, mais car nous avons un ami en commun ou un manager qui connait tel ingénieur de son dans le studio… Je n’ai jamais cherché le contact d’un artiste pour dire : « Bonjour j’aime ce que vous faites, je veux collaborer avec vous ». Nous avons des affinités avec des artistes, et un jour, la vie va nous les ramener sur un plateau ou lors d’un festival.

 

Vous êtes présente partout sauf dans les pays arabes, pourquoi ?

Le milieu de diffusion est un milieu où les pistes de communication et intra-professionnelles, et même entre l’artiste et le public, n’ont pas toujours la même recette. J’ai sorti «Soul of Morocco» en 2013 exprès en France pour le présenter à l’étranger, mais cela prend du temps. Le monde arabe c’est un autre univers, il faut savoir que ma musique n’est pas forcement orientale. Je ne fais pas un produit qui va tout de suite parler à un Libanais ou un Palestinien. Il y a pas mal d’africanité dans ma musique dont ils n’ont pas la culture ; cela ne veut pas dire que je ne veux pas leur ramener cette musique, mais il faut déjà que je fasse mon histoire dans mon pays et dans d’autres pays. C’est ce qui se passe aujourd’hui lors de cet événement, et grâce à Renault, je rencontre les gens d’Universal Music MENA, avec lesquels je vais surement faire quelque chose lors de mes prochains projets pour pouvoir diffuser dans le Moyen-Orient.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’artistes qui font la même chose que moi dans le monde arabe. Il y a par exemple Oum song, Meryem Saleh, Ibrahim Maâlouf… on les compte sur les doigts de la main et ça reste plutôt une scène underground. Moi, comme eux, je fais mon petit bout de chemin mais je vais finir par arriver à cette zone. Je crois que chaque artiste et chaque album finit par faire son histoire, en commençant par les zones qui vont le plus le comprendre.

 

Pensez-vous qu’il y a une relève dans votre style au Maroc ?

La relève est là mais on ne la voit pas. Ce ne sont pas certainement les personnes que nous regardons à la télévision ou que nous écoutons à la radio qui sont la relève. Personnellement, j’ai toujours été convaincue et eu foi en ces visages que l’on ne voit pas, que l’on ne croise pas, qui font de la musique dans leur garage, dans la cave de leurs parents ou dans la cour du lycée.


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