Pikichat, la nouvelle venue qui fait le buzz


Adrien Dulong a lancé il y a un mois cette application mobile qui permet d’échanger des messages instantanés en images.
Adrien Dulong et Rémi Bardoux, créateurs de Pikichat.

Deux jeunes ingénieurs français se sont isolés dans les Landes pour créer en quelques jours cette application de messagerie photo, qui cible les adolescents.

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C’est le genre d’histoire dont la Silicon Valley se gargarise. Celle de deux jeunes ingénieurs de 26 ans qui choisissent de s’isoler durant une semaine pour créer de bout en bout une application mobile, afin de montrer ce qu’il est possible d’accomplir avec du talent et de la débrouillardise.

L’initiative aurait déjà inondé les plus grands blogs high-tech si elle était arrivée aux États-Unis. Seulement, c’est dans une maison des Landes, charentaises aux pieds, qu’Adrien Dulong et Rémi Bardoux se sont enfermés fin avril pour concevoir Pikichat. Après deux premières tentatives ratées d’applications, ils gardent la conviction que «le mobile est une industrie où n’importe qui peut réussir», explique Rémi Bardoux. Ils se donnent huit jours pour créer de zéro leur nouvelle app et son site Internet, trouver un nom et déposer le nom de domaine.
Pikichat est un équivalent de Snapchat pour les discussions de groupe.

Entre Snapchat et WhatsApp

Leur nouvelle création sera à la croisée de Snapchat et de WhatsApp, deux des applications mobiles les plus populaires du moment. Dans Pikichat, on discute avec ses groupes d’amis, comme dans WhatsApp, mais en leur envoyant des photos éphémères, à la manière de Snapchat. Toute nouvelle photo envoyée par un des membres du groupe remplace la précédente, qui disparaît à jamais, avec ses éventuels commentaires. Les photos et les commentaires peuvent éventuellement être envoyés incognito dans son groupe d’amis.

La première version de Pikichat est mise en ligne le 9 mai. Les deux jeunes associés découvrent alors vite que leur nouvelle application ne laisse pas indifférent. Les petits frères et les petites sœurs de leurs amis, cobayes volontaires, raffolent de Pikichat. «On se rend compte que les utilisateurs de 20 à 30 ans en sont aussi friands», ajoute Rémi Bardoux. «La photo est un des modes de communication les plus puissants, on adorerait créer le nouveau clavier avec des photos pour poser des questions», affirme-t-il.

L’objectif d’une levée de fonds

Pour faire connaître leur initiative, Adrien Dulong et Rémi Bardoux créent début juin un blog en anglais sur la plate-forme Medium où ils racontent leur expérience au jour le jour. Pourquoi ils ont préféré s’appuyer sur la plate-forme de développement mobile de Facebook, Parse. Pourquoi ils ont développé leur première version pour iPhone, alors que les smartphones Android sont plus répandus. Ou encore pourquoi ils ont décidé, après seulement une heure de réflexion, d’appeler leur application Pikichat.
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La première version publique de Pikichat est mise en ligne le 13 juin. Le blog américain TechCrunch, suivi par quelques autres, publie le même jour un article sur l’expérience des deux Français. Beaucoup reste à faire, mais la qualité atteinte en si peu de temps impressionne. Quelque 3000 personnes téléchargent l’application dans plus de 80 pays, sans aucune autre forme de publicité.

Adrien Dulong et Rémi Bardoux, aidés par Cyril Paglino pour leur communication, veulent croire que ce n’est que le début de l’aventure. Avec cette expérience, «nous avons montré qu’il n’y avait pas besoin de plus de deux développeurs ou d’un premier financement de plus d’un million d’euros pour parvenir à un tel résultat», commente Rémi Bardoux. L’objectif est maintenant de réaliser un premier tour de table. «Nous demandons de quoi tenir six mois ou un an.» Pour commencer par ajouter de nouvelles idées à Pikichat, adapter l’application à Android et réfléchir à un modèle économique pour la société.


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